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Eaux pluviales

Évacuation des eaux pluviales

Collecter, conduire et stocker l’eau de pluie avant qu’elle ne trouve la porte du garage.

Eaux pluviales

Dimensionner pour l’orage, pas pour la pluie fine

Sur le littoral varois, il ne pleut pas souvent, mais quand il pleut, tout arrive en une heure. Un épisode méditerranéen de fin septembre peut déverser en une nuit l’équivalent de plusieurs mois de pluviométrie moyenne. Une évacuation d’eaux pluviales dimensionnée sur la pluie d’hiver classique se retrouve complètement dépassée ; c’est à ce moment précis que l’eau entre dans les garages en contrebas et que les terrasses se transforment en bassins.

Le raisonnement est simple : chaque mètre carré de toiture, de terrasse carrelée, de béton désactivé ou d’enrobé est une surface qui n’absorbe rien. Multiplié par une intensité de pluie de plusieurs dizaines de millimètres à l’heure, cela donne un débit instantané qu’il faut bien conduire quelque part. Sur une parcelle en pente, ce débit s’additionne de haut en bas : le point bas reçoit tout.

Nous conçevons et posons des réseaux pluviaux complets : reprise des descentes de toiture, caniveaux à grille devant les portes de garage et les seuils, canalisations enterrées, regards, puits d’infiltration, cuves de rétention et exutoires. Le réseau est toujours séparé de celui des eaux usées, et toujours accessible pour l’entretien.

Beaucoup de désordres viennent d’un réseau qui existe mais qui est sous-dimensionné ou mal capté : une descente qui se jette au pied du mur sans être reprise, un caniveau de huit centimètres pour une allée en pente de vingt mètres, un tuyau de quatre-vingt-dix millimètres qui reçoit la totalité du toit. Refaire ces points coûte moins cher qu’un sinistre annuel.

  • Calcul des surfaces imperméabilisées à collecter
  • Reprise et enterrement des descentes de toiture
  • Caniveaux à grille aux seuils et devant les garages
  • Diamètres et pentes cohérents avec le débit
  • Rétention ou infiltration quand le rejet est limité
  • Réseau strictement séparé des eaux usées
  • Regards accessibles pour le curage
  • Exutoire vérifié et non rejecté chez le voisin
Regle absolue

Les pluviales ne vont jamais dans le réseau d’eaux usees

Le réseau public du secteur est séparatif : une canalisation pour les eaux usées, une autre, quand elle existe, pour les eaux pluviales. Brancher une gouttière sur le collecteur d’assainissement est interdit, et ce n’est pas une interdiction de principe. Lors d’un orage, ces apports parasites saturent le réseau et la station de traitement, provoquent des déversements et font refouler les eaux usées chez les riverains les plus bas.

Le problème est fréquent dans les maisons des années soixante et soixante-dix, où tout partait dans le même tuyau. Lors d’un contrôle de conformité ou d’une vente, ce branchement est systématiquement relevé et doit être repris. La remise en conformité consiste à identifier les descentes concernées, à les déconnecter et à créer un réseau pluvial indépendant vers un exutoire acceptable.

L’inverse est également vrai : on n’envoie pas d’eaux usées ni d’eaux de lavage chargées dans le réseau pluvial, qui rejoint le plus souvent un milieu naturel, un vallon ou la mer sans traitement. Sur une commune balneaire, c’est un enjeu direct de qualité des eaux de baignade.

Conception

De la descente de toiture jusqu’à l’exutoire

Un réseau pluvial se lit de haut en bas. On part des points de collecte, on additionne les surfaces, on choisit les diamètres, puis on décide de la destination finale.

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Recenser les surfaces

Toitures par pan, terrasses, allée, plage de piscine, abris. Chaque surface est rattachée à un point de collecte. Sur une parcelle en pente, on ajoute aussi l’eau qui arrive de l’amont : elle n’apparaît sur aucun plan mais elle traverse bel et bien le terrain.

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Reprendre les descentes

Chaque descente reçoit un dauphin en pied puis un coude vers une canalisation enterrée. On évite le rejet libre au pied du mur, qui détrempe le remblai et attaque la base de la façade. Un regard borgne en pied de descente permet de piéger feuilles et graviers avant le réseau.

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Poser les caniveaux de surface

Devant une porte de garage en contrebas, le caniveau est la dernière barrière. On choisit une largeur suffisante, une grille en fonte ou en acier capable de supporter le passage d’un véhicule, et surtout une sortie à la bonne cote. Un caniveau qui se remplit plus vite qu’il ne se vide ne sert à rien.

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Dimensionner les canalisations

Cent, cent vingt-cinq, cent soixante ou deux cents millimètres selon la surface cumulée et la pente disponible. Le diamètre augmente vers l’aval, jamais l’inverse. Les changements de direction se font dans des regards ou avec des coudes à grand rayon pour ne pas créer de point d’accumulation.

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Choisir la destination

Réseau pluvial communal lorsqu’il existe et que le branchement est autorisé, fossé ou vallon dans certains cas, infiltration sur la parcelle par puits perdu ou tranchée drainante quand le sol s’y prête, ou stockage tampon avec débit de fuite limité.

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Rendre le réseau visitable

Regards aux jonctions, aux changements de direction et au point bas. Tampons affleurants, repérés sur un plan simple remis en fin de chantier. Un réseau qu’on ne peut pas ouvrir est un réseau qu’on ne curera jamais.

Stocker ou infiltrer

Bassin de retention, cuve tampon et puits perdu

De plus en plus de communes limitent le débit qu’une parcelle peut rejeter au réseau, voire imposent la gestion des pluviales sur le terrain. L’idée est de ne pas transférer le problème à l’aval : si tous les terrains d’un coteau envoient leur eau en même temps vers le même vallon, c’est le bas de la commune qui prend.

Le puits d’infiltration est la solution la plus simple quand le sol le permet. C’est un ouvrage vertical rempli de gravier ou constitué de buses perforées, enveloppé de géotextile, qui rend l’eau au terrain en profondeur. Il exige un sol suffisamment perméable, une distance de sécurité vis-à-vis des fondations et des ouvrages d’assainissement, et un prétraitement des feuilles et des sables en amont, sans quoi il se colmate.

Quand l’infiltration est impossible, sur un sol argileux ou avec un rocher proche, on passe à la rétention : une cuve enterrée ou un bassin qui stocke le volume de pointe et le restitue lentement, par un orifice calibré, après la fin de l’épisode. Cette solution a l’avantage de pouvoir être couplée à une récupération d’eau pour l’arrosage, très utile sur un secteur où l’été est sec et les restrictions fréquentes.

Ordres de grandeur

Ce qu’une toiture produit pendant un episode mediterraneen

Les chiffres ci-dessous servent uniquement à visualiser des volumes. Le dimensionnement réel se fait sur la surface précise, la pente et les prescriptions locales.

Surface collecteePluie de 40 mmPluie de 100 mm
Toiture de 80 m²environ 3 200 litresenviron 8 000 litres
Toiture de 150 m²environ 6 000 litresenviron 15 000 litres
Terrasse de 40 m²environ 1 600 litresenviron 4 000 litres
Allée bétonnée de 60 m²environ 2 400 litresenviron 6 000 litres
Ensemble d’une parcelle de 250 m² imperméabilisésenviron 10 000 litresenviron 25 000 litres

Volume ruisselant, a titre indicatif

Bon à savoir

Un réseau pluvial s’entretient. Les regards se remplissent de sable, d’aiguilles de pin et de feuilles de chêne-liège, particulièrement dans le massif des Maures où la végétation est abondante. Un contrôle des regards et des grilles avant l’automne, chaque année, évite la majorité des débordements : c’est un quart d’heure qui évite des dégâts.

Avant les orages d’automne, prenez de l’avance

Caniveau devant le garage, descentes à reprendre, puits perdu à créer : nous venons voir la pente et les points bas de votre parcelle. Cavalaire-sur-Mer et le golfe de Saint-Tropez.

Questions fréquentes sur l’évacuation des eaux pluviales

Puis-je rejeter mes eaux de pluie chez le voisin d’en dessous ?

Le fonds situé en contrebas doit recevoir l’écoulement naturel des eaux qui viennent du terrain supérieur, mais le propriétaire du haut n’a pas le droit d’aggraver cet écoulement. Concentrer toute la toiture dans un tuyau dirigé vers la limite, c’est une aggravation. La bonne pratique consiste à infiltrer, à retenir, ou à rejoindre un exutoire public, et à en parler au voisin avant les travaux plutôt qu’après.

Quelle taille de caniveau devant un garage en contrebas ?

Cela dépend de la surface qui dévale vers lui. Pour une allée en pente d’une vingtaine de mètres, un caniveau étroit de dix centimètres est généralement insuffisant lors d’un épisode violent : on passe à une largeur supérieure, parfois complétée par un second caniveau placé en amont pour fractionner le flux. La sortie doit être au moins du même diamètre que la canalisation aval.

Un puits perdu fonctionne-t-il dans le schiste des Maures ?

Parfois très bien, parfois pas du tout. L’arène issue de l’altération du schiste peut être assez perméable, mais si le rocher sain se trouve à un mètre, le puits se remplit et ne se vide plus. On évalue la perméabilité par un essai simple avant de creuser, exactement comme pour un assainissement individuel. Si le sol ne prend pas l’eau, on s’oriente vers la rétention.

Peut-on raccorder la piscine au réseau pluvial ?

La vidange d’une piscine ne se rejette pas n’importe où : l’eau contient des produits de traitement et son volume est important. Les modalités dépendent de la commune ; il faut se renseigner auprès du service concerné. Les eaux de lavage de filtre, elles, sont chargées et relèvent d’un traitement adapté. En revanche, les débordements de plage de piscine s’intègrent naturellement au réseau pluvial.

Faut-il une autorisation pour se brancher sur le réseau pluvial communal ?

Oui, quand ce réseau existe. La commune ou le gestionnaire indique le point de raccordement possible, les conditions et parfois un débit maximal de rejet. Sur les secteurs sensibles, un stockage tampon peut être exigé. Nous vérifions ce point avant de concevoir le réseau, car il change la nature des ouvrages à poser sur la parcelle.

Mon terrain est plat et l’eau stagne : que faire ?

Sur terrain plat, il faut créer artificiellement les pentes. On décaisse, on redonne une forme de pente de un à deux pour cent vers des points de collecte, on installe des grilles à ces points bas, et on relie le tout à un exutoire. Si l’exutoire est plus haut que le terrain, on stocke dans une cuve avec pompe de relevage. C’est un travail de terrassement autant que de réseau.

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